vivent-ils les derniers mois qui précèdent leur départ en retraite ?
Alors que la réforme des retraites vient d'être votée validant l'allongement du temps du travail, penchons-nous sur l'accompagnement de cette transition que représente le passage à la retraite.
En effet, ce "3ème âge" que représente la retraite constitue bel et bien une transition, au même titre que les 2 périodes précédentes que nous avons vécues en passant de l'enfance à l'adolescence, puis de l'adolescence à l'âge adulte.
Cette troisième étape de vie, toute aussi importante, et peut-être potentiellement traumatisante, que les précédentes, qui conduit de la maturité active à la retraite, ne fait l'objet que d'un nombre restreint d'études et de publications. L'une1 d'elles cependant, constate que ce passage est conditionné par des modalités de départ, mais non par la gestion des années qui précèdent la retraite. Ainsi dinstingue t-on trois sortes de départ marquant cette période de façon déterminante :
-
Le départ par choix : c'est le cas de ceux qui partent parce qu'ils ont un projet ; c'est un choix volontariste
-
Le départ par défaut : c'est le cas d'un grand nombre de personnes qui ne choisissent pas vraiment la retraite, mais qui partent parce qu'ils se sentent usés ou ne supportent plus le stress ou les contraintes du travail ; ils saisissent une opportunité de départ, come un plan de préretraite, un plan de départ volontaire. Autant pour les entreprise cette formule permet de réduire les effectifs en douceur, autant est-on éloigné de la forme classique de la trajectoire d'une vie : "je travaille, je suis reconnu, j'ai pu préparer mon successeur et transmettre mes savoirs, j'ai un pot de départ agrémenté d'un discours élogieux de mon hiérarchique...", rite ô combien nécessaire ; la boucle étant ainsi bouclée par un final remarqué et remarquable, indispensable à un nouveau départ.
-
Le départ par nécessité : défaillance physique ou problème de santé du conjoint, ou obligation d'assistance d'un enfant handicapé ; autant de raisons personnelles pour lesquelles on ne s'interroge pas trop sur la nécessité de partir.
L'impact du départ par defaut est double : pour les personnes qui partent, ce départ est souvent vécu comme une non-reconnaissance. La suite de la vie pourrait d'ailleurs, faute de rebondissement vers un nouveau projet, être accompagnée d'un cortège de somatisations2. Pour l'entreprise, c'est le risque de minorer voire de se priver de la contribution des seniors avant leur départ, faute d'avoir anticipé en mettant en place un tutorat adapté, tutorat qui de plus, permet de reconnaître une contibution passée et d'aborder une fin de carrière sereine.
Les caisses de retraite proposent une préparation à la retraite, résolument orientée sur des aspects matériel et de santé physique, mais qui, aussi utile soit-elle, n'oriente pas vraiment vers un nouveau projet de vie !
Bien peu de personnes ont conscience que la retraite représente un grand changement qu'il convient d'accompagner, au même titre que tous les changements personnels ou professionnels que nous réserve la vie. C'est en effet de cette préparation au changement que dépendra la réussite de cette nouvelle étape qui n'est pas une fin en soi mais un nouveau commencement.
Comment accompagner cette transtion et faire que ce final se déroule sans fausse note ? C'est l'objet de deux actions que nous proposons : "Bilan Retraite" et "Tutorat"
1 Ecole de Paris du Management -La retraite, quelle identité après le travail ? - Février 2005
2 "Social Readjustement Rating Scale" par Thomas Holmes et Richard Rahe